Émile Prout vulgarise la science


Aujourd'hui : les mammifères


Mammifère : animal qui nourrit ses petits du lait de ses mamelles. (du latin mamma, la grand-mère. Exemple : À la jeune maman qui ne sait pas donner le biberon, la grand-mère s'interposant déclare : «mais laisse donc Mamie faire»).

C'est la mamelle qui fait le mammifère. La femme en est donc un et curieusement l'homme aussi, ce qui ne laisse pas d'être étonnant. Mais dans l'ensemble ça concerne plutôt les femelles, comme les Hollandaises, c'est à dire Ingrid et Anneke, la vache laitière Holstein et le hamster dame.

Le poil est, avec la mamelle, une caractéristique essentielle du mammifère. C'est pourquoi une femme à poil est un pléonasme. D'autre part, le mammifère, tout comme l'oiseau, est un animal à sang chaud qui maintient sa température interne constante. Une femme à poil qui a le sang chaud n'est donc pas nécessairement une nudiste en furie ou une nymphomane mais c'est assurément la femelle d'Homo sapiens.

Le chien, le tatou à neuf bandes, le gnou flatulent, l'homme, la pipistrelle commune, la gerboise à longues oreilles, le bernard-henri vulgaris et même le hérisson africain à ventre blanc sont des mammifères qu'on différencie aisément entre eux par la taille et la gamelle mais aussi par le comportement. Certains d'entre eux deviennent pas bien dans leur tête et ont des agissements erratiques, telle la vache folle. Déjà que nous étions assez embêtés avec les requins marteaux, les oranges givrées et les enveloppes timbrées.

Comparons par exemple le chien et l'homme.

Quand il tombe sur un os le chien est content et remue la queue alors que l'homme, lui, n'est pas content du tout et remue la tête.

Quand il court après la baballe, on dit que le chien est joueur et l'homme footballeur, comme Eric qui longtemps à ce jeu se cantonna.

En grand nombre, le chien fait partie d'une meute, il aboie et est prêt à mordre. L'homme, lui, fait partie d'une bande de supporters. Lui aussi aboie et est prêt à mordre et, comme le chien, aime bien semer sa merde. C'est bête un supporter car, à force de l'envoyer aux chiottes, il ne dispose plus de son libre arbitre.

Amoureux, l'homme va jusqu'au bout de sa passion. Pour séparer Roméo de Juliette il a fallu la mort, alors que pour séparer Médor de Mirza, un seau d'eau a suffi.

Le chien fait sur le trottoir et Bernard-Henri dans l'humanitaire, car la mammifère est sale, c'est même là le propre du mammifère.

L'homme a un cerveau élaboré car il sait se projeter et pas seulement contre les murs en voiture. Par exemple, pour apaiser ses angoisses métaphysiques, il décrète qu'il y a une vie après la mort, alors que le chien, non. D'ailleurs Médor me le jappait encore avant-hier : «Si c'est pour inventer des inepties pareilles, j'aime autant ne rien penser du tout».

Finalement, au chien, il ne manque que la parole alors que la décence aurait voulu que l'homme la fermât plus souvent.