Émile Prout vulgarise la science


Aujourd'hui : la psychanalyse


La psychanalyse, tout comme l'aspirine et la guillotine, est une méthode thérapeutique destinée à supprimer les maux de tête. Elle est fondée sur l'analyse des processus psychiques profonds et mise au point par Sigmund Freud (1856-1939).

La psychanalyse est une science humaine. Une science humaine est une science non exacte, c'est-à-dire qu'elle navigue dans le flou. On peut donc déconner autant qu'on veut avec la psychanalyse, personne ne pourra vous contredire et ce n'est pas Sigmund qui prétendra le contraire et moins encore le génial Jacques Lacan, grand collectionneur de poils de cul, qui a prétendu, entre autres : «Je pense à ce que je suis là où je ne pense pas penser». (Mais le pensait-il vraiment ? … Penses-tu!)

Les trois instances fondamentales de la psychanalyse sont le «ça», le «moi» et le «surmoi». Mais ces notions sont loin d'être les seules et il ne faudrait pas mésestimer le «là», le «toi», ni le «soustoi» (exemple : t'as fait soustoi), ni même le «quant-à-nous», le «lui-aussi» et le «toi-ta-gueule».

Il existe un drame infantile auquel est intimement lié l'équilibre de l'adulte. C'est le complexe d'Œdipe. Grâce à Sigmund on sait qu'un homme normal a envie de coucher avec sa mère. Mais tout le monde n'est pas sain d'esprit et certains n'y ont même jamais pensé. Ce sont les névropathes.

Quand on ne se sent pas bien dans sa tête, on consulte le psychanalyste, le «psy», confesseur laïc des temps modernes, qui vous fera revivre tous vos traumatismes, surtout les plus douloureux, avec patience et application mais contre rémunération, très douloureuse également.

La réussite d'une analyse passe par le «transfert». Ce n'est pas seulement quand votre argent à vous va sur son compte à lui, c'est aussi quand on est enfin amoureux du thérapeute. Car il est beaucoup question d'amour avec la psychanalyse. Après sa mère, son analyste.

Heureusement Lacan est là pour nous éclairer : «L'amour c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose qu'on n'a pas». C'est moins abscons qu'il y paraît dès lors qu'on prend un exemple : offrir à Lacan (avec élan) une tarte à la crème de 20 kilos. C'est l'amour.

Sans Freud on ne saurait pas ce qu'est l'amour. Il existe cependant, aujourd'hui encore, des gens qui, ignorant la psychanalyse, sont atteints d'une psychose grave qui consiste à croire que l'amour peut prendre la forme d'une jolie frimousse avec les cheveux au vent et deux petits seins pathiques pour les uns ou celle du sourire angélique d'un prince extrêmement charmant pour les autres.

Avec un poil de cul, pardon, avec un poil de recul, on s'aperçoit de la faiblesse des constructions psychanalytiques. L'analyste émet une hypothèse qui sert de base à une autre hypothèse qui elle-même en étaie une troisième et caetera, pour un résultat aussi costaud qu'un château de cartes dont la fragilité augmente avec les étages (voir les probabilités qui sont une science exacte).

A propos de psychanalyse, on peut faire sienne cette citation de Lacan : «Si vous avez compris, vous avez sûrement tort».

On peut surtout rappeler la phrase d'André Breton : «Un philosophe que je ne comprends pas est un salaud».

Jacques Lacan, dit «Jacquot», est l'inventeur involontaire d'un jeu rigolo.


Le jeu de Jacquot

1: Prendre quelques assertions de Jacquot.

Par exemple :
«Le rêve est un rébus»
«L 'amour est un genre de suicide»
«Tout acte manqué est un discours réussi»
«Le savoir est un fantasme qui n'est fait que pour la jouissance»
«Tout jugement est essentiellement un acte»

2: Intervertir les propositions de ces assertions.

Au hasard :
«Tout acte manqué est un genre de suicide»
«Le rêve est un fantasme qui n'est fait que pour la jouissance»
«Le savoir est un rébus»
«Tout jugement est un discours réussi»
«L'amour est essentiellement un acte»

3: Constater avec stupeur que ça n'altère en rien la profondeur de la pensée.

«Des heures d'amusement pour petits et grands durant les longs mois d'hiver quand les frimas et la fraîcheur vespérale vous poussent à vous calfeutrer au coin de l'âtre où crépite un feu de bois réjouissant dont les flammes virevoltantes qui éclatent en étincelles incandescentes vous réchauffent le corps et l'âme alors qu'au dehors sous le disque argenté de la lune dont la pâle lueur diffuse transparaît à travers le filtre des vitres givrées de la fenêtre, retentit le sinistre hululement de la chouette effraie brisant soudain le silence profond qui baigne ces lieux paisibles», comme aurait pu l'écrire le non moins génial Paulo Coelho (ce qui signifie «poil de cul» en portugais selon Laurent Gerra).